les granulés, c'est la solution de facilité pour le soigneur. Mais, d'un autre côté, si on regarde bien comment fonctionne le tube digestif d'un cheval, on se rend compte que les granulés c'est pas l'idéal ... Maintenant, c'est sûr que c'est pas facile d'atteindre la perfection et on est bien obligé souvent de faire avec ce dont on dispose ...
Personnellement, j'ai toujours nourri avec de l'orge germée, et des compléments comme des plantes, de la levure de bière, etc . Faire germer de l'orge demande un peu d'organisation, mais ce n'est pas très difficile, une fois qu'on a pris le pli, et c'est très intéressant à tous points de vue : la germination augmente les qualités nutritionnelles de l'orge, au point qu'on peut baisser les quantités en poids de l'ordre de 20 % pour un résultat largement équivalent, même meilleur, car l'orge est également bien plus digeste sous cette forme, et donc mieux assimilée. Ensuite, c'est très appétent, frais, et beaucoup moins propice à causer des bouchons que d'autres présentations d'aliments. On s'y retrouve donc également du côté santé, coliques, etc.
Pour stocker l'orge en grains, ce n'est pas difficile, car il suffit de la mettre dans un endroit ventilé : si tu fais des ouvertures dans tes poubelles et que tu les obtures avec du grillage fin, type moustiquaire, cela te permettra de mieux conserver tes grains que dans des poubelles complètement fermées.
Pour parler des aliments industriels, faits à partir de céréales, foin, paille et sous produits agricoles broyés ou concassés, puis agglomérés, certes, ils sont censés répondre complètement aux besoins du cheval. Mais, d'une part, leur présentation oblige le cheval à "décompacter" le petit bouchon qu'il avale, avant de pouvoir l'imprégner de salive, ou de suc gastrique. Ensuite, du fait des mélanges, on va se trouver avec présents en même temps dans l'estomac, des aliments riches en amidon (céréales), d'autres riches en fibres (foin et paille) et d'autres en sucre rapide (mélasse) - pour faire simple. Or, ce ne sont pas du tout des aliments qui se digèrent de la même façon. Déjà, les mélasses et sucres rapides, à l'état naturel, le cheval n'y a pas vraiment accès, sauf, en cherchant bien, s'il se trouve dans un verger au moment où les fruits tombent, et encore ..., en plus, c'est très temporaire.
Restent les aliments riches en cellulose qui se digèrent de préférence dans l'intestin et les autres, les grains, qui, eux, ont besoin de séjourner dans l'estomac. En mélangeant les deux dans le bol alimentaire, on perturbe la digestion des céréales, d'une part, et on accélère leur transit, d'autre part, ce qui fait qu'elle sont moins bien et moins longtemps digérées par l'estomac, d'où une assimilation incomplète, ce qui oblige à nourrir davantage pour assurer l'apport énergétique nécessaire au cheval. Faisant cela, on fatigue forcément son appareil digestif qui a plus de travail à faire pour le même résultat, et son propre porte-monnaie, pour la même raison ...
L'idéal, quand on peut, est de bien dissocier les apports d'aliments riches en cellulose des apports de grains. Laisser au moins une heure, après la fin de la consommation du repas de grains, pour distribuer le foin.
Pardon pour tout ça : je ne me suis pas rendu compte que j'en écrivais tant ! Je m'arrête !